IBM veut accélérer le développement de son ordinateur quantique

Mardi 7 mars 2017

IBM  veut accélérer le développement de son ordinateur quantique

Chercheurs et industriels sont invités à travailler sur des algorithmes compatibles.

La technologie des ordinateurs quantiques en est à ses balbutiements, mais la course pour être le premier à en tirer les fruits bat son plein. Et IBM aimerait bien creuser l'écart avec ses concurrents.


Big Blue dispose d'ores et déjà d'un ordinateur quantique expérimental dans ses laboratoires de la banlieue de New-York. Le précieux processeur, doté de cinq « qubits », repose dans une énorme gangue métallique pour maintenir le système à une température proche du zéro absolu (-273°C).

Depuis mai dernier, le grand public peut se familiariser avec l'étrange machine grâce à un site Web, « Quantum experience ». D'après IBM, 40.000 utilisateurs y ont effectué plus de 275.000 requêtes et quinze articles en lien avec « Quantum experience » ont été publiés par des chercheurs extérieurs à IBM.

Fort de ce premier succès, le géant américain a annoncé lundi qu'il offrait désormais une interface de programmation qui permet à des développeurs d'écrire dans le langage de leur choix des algorithmes à faire tourner sur sa machine. IBM met également à disposition un simulateur pour modéliser des circuits quantiques jusqu'à 20 qubits et annonce qu'il mettra sur le marché des systèmes d'environ 50 qubits dans les prochaines années.

Ce chiffre n'est pas anodin. Même s'il faudrait atteindre le millier de qubits pour utiliser de telles machines en production dans les entreprises, ce qui n'arrivera pas avant plusieurs années, avec seulement 50 qubits, aucune combinaison des 500 meilleurs superordinateurs actuels ne pourrait rivaliser en puissance avec un ordinateur quantique.

Plusieurs géants sur le ligne de départ

Des problèmes insolubles aujourd'hui pourraient ainsi trouver une solution. D'autres être traités beaucoup plus rapidement. Parmi les nombreuses applications, les attentes sont particulièrement fortes en termes d'ingénierie moléculaire (pour la fabrication de médicaments), de modélisation financière, d'optimisation logistique ou encore de cybersécurité.

IBM est loin d'être le seul à nourrir l'espoir d'être le gagnant de cette course technologique dans l'infiniment petit. Commercialement, seule une entreprise canadienne, D-Wave, dispose déjà d'une offre, dont la Nasa ou Google sont clients, mais il s'agit d'un système très spécialisé qui ne peut résoudre qu'un certain type de problème.

En ce qui concerne l'ordinateur quantique à visée universelle, Google est le concurrent le plus sérieux. Comme IBM, la firme de Mountain  View espère parvenir rapidement à 50 qubits. Microsoft, qui mise sur un système différent dans sa conception, est également sur les rangs. Sans oublier le chinois Alibaba ou le français Atos.


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